La gravure en relief Imprimer Envoyer

 

Un peu d’histoire


La gravure en relief est la plus ancienne technique d’impression connue :  dès l'Antiquité, en effet, les Arabes et les Indiens utilisaient des plaques de bois gravées pour imprimer leurs tissus. Dans la Rome antique et l’ancienne Egypte, les objets personnels étaient également marqués à l'aide de tampons de bois sculptés, et dans la Chine ancienne, des cachets destinés aux artistes pour signer leurs œuvres étaient gravés en relief dans la pierre.


Le développement de la gravure en relief ne débutera vraiment qu’avec l'invention du papier par les Chinois, vers le IIe siècle de notre ère : les premières gravures sur bois ont probablement été conçues en Corée vers 750, puis la technique va se répandre en Chine, et pénétrer au Japon avec la culture chinoise et la religion bouddhiste à la fin du VIIIe siècle. Elle sera à l'apogée de son évolution dans le Japon du XVIIIe, grâce aux maîtres Utamaro - créateur de l'impression polychrome - et Hokusaï, dont les superbes estampes inspireront Impressionnistes et Nabis.



La gravure sur bois n'apparaît en Europe qu'au tout début du XVe siècle, après le retour des Croisés qui rapportent d'Orient les secrets de fabrication du papier : à cette époque, elle est essentiellement utilisée pour la conception d’images pieuses, puis de cartes à jouer et, enfin, des très rares "livres-blocs", où images et textes sont encore gravés sur la même planche de bois. Dans les "incunables" - d' "incunabulum", "berceau" en latin -, premiers véritables livres de l'Histoire, les textes et les images sont ensuite réalisés sur des planches distinctes, avant que Gutenberg ne révolutionne l'imprimerie, vers 1440, en mettant au point son système de caractères mobiles en métal pour composer les textes.


La gravure va désormais connaître un développement considérable et, de simple moyen d'illustration, elle devient technique d'expression artistique à part entière. De nouvelles méthodes de gravure, sur métal, voient le jour dès la fin du XVIe siècle : le burin et l'eau forte, en particulier, vont peu à peu s'imposer et signer le déclin de la xylogravure.


Matrice prête pour le tirage sur papier, mise en place sur une presse à épreuves typographique

Quelques peintres-graveurs comme Gauguin, Valloton, de Vlaminck ou Rouault, tenteront d'en maintenir la tradition au cours des XIXe et XXe siècles : mais aujourd'hui, même à l'échelle de la planète, trop rares sont ceux qui pratiquent encore cette technique majeure, injustement méconnue, qui a pourtant présidé à la diffusion du savoir...