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L'émotion originelle remonte à mon tout premier livre, dans lequel j'ai suivi, fascinée, l'Enfant d'Eléphant le long du grand fleuve Limpopo : les «Histoires comme Çà» de Rudyard Kipling, illustrées par l'auteur, ont peuplé ma petite enfance de leurs héros cuirassés et fragiles, scellé à jamais mon goût pour la lecture, la poésie, le dessin, et éveillé en moi une insatiable curiosité pour l'Univers et ses habitants.
Bien d'autres sujets d'enthousiasme ont suivi, dans une exploration où j'ai toujours accordé la même importance à la créativité de la vie qu'à ses expressions humaines : le cycle des saisons et les quatre éléments, les mondes animal et végétal, la mythologie et la culture des peuples du monde sont une inépuisable nourriture pour qui ouvre ses sens.
Tout mon travail s'alimente au vaste creuset qu'ils forment, et chanter leurs beautés s'est imposé à moi comme se sont imposés les « instruments » pour le faire. «Grib le zèbre» est un jour sorti de ce creuset : je l'ai su premier-né d'une longue famille où tous les animaux ont leur place, qu'ils soient sauvages ou domestiques, étranges ou familiers, terrestres ou marins ; où certains portent un nom qui appartient à la mémoire des hommes ; et où la création humaine, qui s'inspire d'elle, est représentée comme un hommage à l'extraordinaire «imagination» de la Nature...

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